Contexte
Les changements climatiques font peser sur le développement en Afrique des menaces amplement documentées : bien que les impacts de ce phénomène soient de portée mondiale, c’est l’Afrique qui sera la plus durement frappée. Les risques actuels et futurs auxquels est exposé le continent comprennent une hausse des températures moyennes, la variabilité de la pluviosité et la survenue d’événements extrêmes, tels que les sécheresses et les inondations. Ces risques liés aux changements climatiques viennent s’ajouter aux défis socioéconomiques actuels du développement et sont appelés à les aggraver.
Dans de nombreux pays d’Afrique, l’économie dépend de secteurs sensibles au climat tels que l’agriculture pluviale, les pêcheries, les ressources naturelles et le tourisme. Les changements climatiques peuvent, de ce fait, avoir des répercussions considérables dans les domaines de l’emploi, de la lutte contre la pauvreté et de la croissance macroéconomique. L’extrême vulnérabilité de l’Afrique est encore accrue par de multiples contraintes biophysiques et développementales ainsi que par la faiblesse de ses capacités d’adaptation; en d’autres termes, le continent africain fait face à un nombre disproportionnément élevé de problèmes résultant des changements climatiques et dispose d’une quantité disproportionnément faible de ressources pour les résoudre.
Comme l’illustre le Rapport mondial sur le développement humain 2007/2008 du PNUD, les événements extrêmes peuvent précipiter les populations dans un cycle descendant de pauvreté, ce dont témoignent les difficultés auxquelles se heurtent de nombreux pays sur la voie de la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).
L’expérience acquise à ce jour par le PNUD dans le cadre des initiatives d’adaptation en cours a permis de dégager un certain nombre de leçons importantes :
1) On constate un manque d’outils de planification à long terme pour faire face aux incertitudes inhérentes aux changements climatique. Les outils traditionnels de planification du développement n’ont pas été conçus pour tenir compte de ces incertitudes. En conséquence, les pays souffrent d’un manque d’instruments de planification des investissements à long terme qui permettraient de déterminer et d’atténuer les risques.
2) Un leadership et des institutions capables de guider l’application d’approches intégrées et globales de l’adaptation sont nécessaires pour relever les défis liés aux changements climatiques. Il convient de favoriser l’implication de champions jouissant du respect voulu et disposant de l’autorité nécessaire pour encourager à l’action. En outre, pour riposter de manière efficace aux changements climatiques et pour mettre en œuvre une large vision, les pays doivent être dotés d’institutions solides.
3) Un mix approprié de stratégies, de politiques et de mesures d’adaptation doit être mis en œuvre. Les risques liés aux changements climatiques doivent être intégrés dans les stratégies de développement et les cadre de politiques nationaux.
4) Des options de financement pour le maintien et l’amplification de l’adaptation doivent être disponibles. Il s’agit de rechercher des ressources financières en sus de l’aide au développement pour appuyer les activités d’adaptation. En outre, les plans d’investissements doivent être « résistants au climat », c’est-à-dire tenir compte des coûts de l’adaptation et des risques liés aux changements climatiques.
5) Les connaissances en matière de gestion des risques et des opportunités liés aux changements climatiques doivent être renforcées. Il faut pour cela dispenser des formations, créer des réseaux de praticiens, forger des partenariats, développer les communications et partager les leçons tirées des initiatives achevées.
En résumé, les changements climatiques lancent de sérieux défis pour le développement socioéconomique et la réduction de la pauvreté dans les pays en développement. L’adaptation aux changements climatiques doit être prise en considérant aux stades de la conception, de la mise en œuvre et de l’exécution des politiques socioéconomiques, des projets de développement et des activités d’assistance internationale.
